Des étirements pour améliorer sa mobilité?

Des étirements pour améliorer sa mobilité?

Sachez tout d’abord que cet article n’a pas la prétention de donner une réponse claire et définitive sur le sujet mais bien de susciter la réflexion! Tout acte thérapeutique doit être réfléchis en fonction du contexte et du patient.

Les étirements font partie de l’arsenal thérapeutique du kinésithérapeute. Ils sont notamment enseignés pour gagner en mobilité et permettre une diminution des douleurs. Certains les utilisent également afin d’obtenir des corrections posturales même si cela me semble erroné (cela fera certainement l’objet d’un futur article).

Mes patients le savent bien, je pars du principe qu’une technique réalisée doit donner un résultat relativement rapidement. Si il n’y a que peu ou pas de changement après 1 ou 2 séances, c’est qu’il fallait peut être faire autre chose.
Parce qu’il faut les réaliser régulièrement et qu’un arrêt de leur pratique nous fait revenir en quelques jours ou semaines au point de départ, j’ai toujours eu du mal à intégrer de façon assidue les étirements dans ma pratique.


Je suis tombé sur trois études scientifiques récentes ayant un haut niveau de preuve sur le sujet:

Étirements-Souplesse

La première rassemble un ensemble d’études qui comparent l’efficacité des étirements et l’utilisation d’un KinésioTape (1) pour améliorer la longueur du muscle petit pectoral (muscle situé à l’avant de l’épaule et de la cage thoracique).

La seconde rassemble également plusieurs études qui comparent les effets d’un traitement Neuro-Dynamique (2) sur la souplesse des ischios-jambiers (muscles situés à l’arrière de la cuisse). La technique Neuro-Dynamique a été comparée à plusieurs autres techniques.

La troisième a étudié l’effet des étirements sur le traitement et la prévention des contractures et a évalué l’amplitude articulaire afin d’objectiver ses résultats.

(1) Le KinésioTape est une bande adhésive et extensible que l’on place sur la peu afin de traiter un muscle ( le plus souvent). Ces sont ces fameux Tapes de couleurs que portent ces sportifs à la télévision.
(2) La technique Neuro-Dynamique est un mouvement précis permettant de mobiliser un nerf qui présente une restriction de mobilité. Le but étant de soulager les symptômes du patient.

Il ressort de ces études:
– Le KinésioTape semble améliorer la longueur du muscle petit pectoral, les étirements n’ont pas d’effet sur sa longueur. Conclusion: la facilitation proprioceptive neuro-musculaire semble avoir un impact sur la longueur du muscle.
– Comparé aux autres techniques (placebo, pas de traitement, étirements actifs ET passifs, inhibition musculaire et facilitation Neuro-Musculaire), les mouvements Neuro-Dynamiques montrent une efficacité dans le traitement de la souplesse des ischios-jambiers.
– Il ressort de la dernière étude que les étirements n’ont pas d’effets significatifs sur l’amplitude articulaire.

ATTENTION! Il s’agit d’être prudent lorsqu’il s’agit de tirer des conclusions sur une études scientifique.
Gardons à l’esprit que ces trois études ont étudiés l’aspect mobilité et amplitude. Il n’en est rien de l’efficacité ou non sur la douleur, la récupération musculaire, l’impact sur la performance ou les blessures.
Il est possible que je traite ces sujets dans des articles futurs…

Conclusions:

Les deux études ci-dessus nous montrent que des techniques qui utilisent le système nerveux sont plus intéressantes pour gagner en amplitude et en mobilité articulaire. Le KinésioTape, par l’intermédiaire des récepteurs cutanés, provoque un changement de perception du corps dans son environnement. Une commande motrice plus efficace grâce aux mobilisations neurales (Neuro-Dynamique) induit une libération articulaire et un gain d’amplitude.

Sans système nerveux, sans commande motrice, le muscle ne peut pas fonctionner! Il est donc facile d’imaginer qu’un défaut dans la transmission du signal peut engendrer une défaillance du système. La principale difficulté est de découvrir à quel endroit du circuit se situe le problème.
Imaginez une ampoule de votre cuisine qui ne fonctionne pas. Il peut s’agir d’un problème au niveau de l’ampoule elle-même c’est sûr. Mais également d’un défaut de branchement au niveau des câbles électriques, d’une surtension dans les câbles, un défaut au niveau d’un disjoncteur dans le coffret électrique ou encore d’une panne générale dans tout la rue!

Iceberg

Et si on allait travailler travailler en amont sur la cause du problème et non pas sur la conséquence?

Gardons à l’esprit que les études ci-dessus ont réalisés des étirements isolés et statiques. Peut être que d’autres modalités d’exécution permettent d’obtenir une meilleur réponse du corps ou d’obtenir un bénéfice sur d’autres aspects…

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